Grotte de Balerne : initiation à la spéléologie dans le Jura
Nichée dans la reculée de Balerne, près de Champagnole, la grotte de Balerne est l’une de nos cavités préférées pour découvrir la spéléologie dans le Jura. Variée, praticable toute l’année et riche d’une longue histoire, elle se prête aussi bien à une première sortie sous terre qu’à une progression plus technique sur corde. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de l’explorer.

Où se trouve la grotte de Balerne ?
La grotte de Balerne se situe sur la commune de Mont-sur-Monnet, dans le secteur de Champagnole, à deux pas du lac de Chalain et des cascades du Hérisson. Elle est aussi l’une des cavités les plus proches des canyons de Malvaux et de la Langouette, idéale pour combiner spéléo et canyoning lors d’un séjour.
- Besançon : environ 1 h 15
- Genève : environ 1 h 25
- Dijon et Lausanne : environ 1 h 30
- Lyon : environ 2 h 10
Pourquoi s’initier à la spéléologie à Balerne ?
Une grotte praticable toute l’année
L’entrée s’ouvre à environ 600 mètres d’altitude, ce qui garantit une température d’environ 11 °C à l’intérieur, quelle que soit la saison. Grâce au caractère fossile de la grotte et au très faible débit du ruisseau qui coule au fond du méandre, les explorations ne dépendent pas de la météo.
Seule exception : l’hiver. Des chauves-souris hibernent dans la cavité et il ne faut pas troubler leur sommeil. Les visites hivernales restent donc rares et discrètes.
Des itinéraires pour tous les niveaux
Une fois dans la grotte, plusieurs cheminements sont possibles selon la technicité recherchée :
- La découverte : jusqu’à la salle des vasques, sans corde ni matériel technique, idéale pour une initiation à la spéléologie.
- Les ateliers techniques : main-courante, rappel, voire remontée sur corde, pour apprendre à se déplacer en sécurité. Une bonne étape pour une sortie spéléo intermédiaire.
- L’expédition jusqu’au lac terminal : praticable en période sèche, c’est l’itinéraire le plus exigeant. Réservé aux sorties à la journée pour des aventuriers dynamiques, il nécessite du matériel de remontée sur corde. Une aventure inoubliable, proche de notre spéléologie sportive.
À quoi s’attendre lors de l’exploration ?
Une marche d’approche encordée
Après environ 500 mètres de marche, l’accès à la grotte se fait par une vire, que l’on parcourt encordé et équipé d’un baudrier : sans ce matériel, l’approche peut s’avérer ponctuellement dangereuse. La grotte s’ouvre environ 3 mètres sous la vire.
Du porche d’entrée à la salle des promeneurs
Le porche, au plafond d’une planéité surprenante, plonge immédiatement dans l’ambiance. Un court boyau oblige à poser les genoux à terre sur quelques mètres avant de déboucher sur la galerie principale, plus spacieuse, où l’on progresse debout. Un méandre mène ensuite à la salle des promeneurs.

Du cours actif au lac terminal
En bas de la salle des promeneurs, on retrouve le cours actif de la cavité. Le sol devient humide, argileux et glissant ; la voûte régulière du plafond rappelle que la galerie était noyée lors de son creusement. En sautant de pierre en pierre le long d’un ruisseau temporaire, on atteint le « trou de serrure », un passage franchissable à condition de trouver la bonne position… ou contournable par « l’escarpement », plus aérien.
La visite se poursuit jusqu’à la salle des vasques, où commence la main-courante qui mène au rappel du lac terminal, au fond de la cavité, à 43 mètres de profondeur.

Un site naturel exceptionnel et protégé
La grotte et ses abords sont classés en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), qui englobe la falaise, les bois et les pâturages de la reculée de Balerne. Le sentier d’accès, autorisé, longe le pied d’une falaise protégée par un arrêté préfectoral de protection de biotope, notamment pour préserver le faucon pèlerin qui y niche. Une attention particulière est donc demandée du 15 février au 15 juin, pendant la nidification.
Surplombé d’impressionnantes corniches, le chemin est souvent partagé avec les chamois. Il offre une vue magnifique sur le domaine de l’ancienne abbaye de Balerne, dont la première construction remonte au XIIe siècle.
Chauves-souris, fossiles et concrétions
La grotte abrite environ sept espèces de chauves-souris, parmi lesquelles la Barbastelle d’Europe, le Minioptère, le Grand Murin, le Murin à oreilles échancrées, le Petit et le Grand Rhinolophe. On y observe aussi de nombreux fossiles, dont les fameuses coquilles d’huîtres de la salle des vasques, témoins du passé marin du Jura raconté dans notre article Du Jurassique au Jura. Dans les zones arrosées subsistent également de belles concrétions.
Pour préserver ce milieu fragile, ne laissez aucune trace de votre passage et ne prélevez rien.

Une grotte chargée d’histoire
Autrefois fermé par une lourde porte en bois munie d’un verrou, le porche d’entrée a sans doute servi d’abri temporaire aux habitants des environs dès le XIIe siècle, lorsque l’abbaye connaissait une forte activité.
D’après Alphonse Rousset, dans son Dictionnaire du Jura (1856), la caverne servit de refuge aux populations locales en temps de guerre, en 1668. Un impôt fut ensuite réclamé à ceux qui s’y étaient cachés, mais les religieux de l’abbaye s’y opposèrent. Plus près de nous, en janvier 1871, lors de l’invasion prussienne, les habitants de Ney s’y réfugièrent à leur tour.
Côté exploration, la première visite spéléologique documentée date de 1893, et le lac terminal fut atteint pour la première fois en 1933.
Questions fréquentes sur la grotte de Balerne
Peut-on visiter la grotte de Balerne quand on débute ?
Oui. L’itinéraire jusqu’à la salle des vasques se parcourt sans corde ni matériel technique et convient parfaitement à une première sortie spéléo, encadrée par un guide diplômé.
Quelle température fait-il dans la grotte ?
Environ 11 °C toute l’année. Découvrez pourquoi les grottes du Jura restent fraîches même en plein été.
Quelle est la profondeur de la grotte de Balerne ?
Le lac terminal, au fond de la cavité, se trouve à 43 mètres de profondeur.
Vous aimez les grottes chargées d’histoire ? Découvrez aussi la grotte des Faux-Monnayeurs, dans la vallée de la Loue.
Sources : fiche ZNIEFF « Reculée et grotte de Balerne » (INPN) ; inventaire historique et archéologique de la Communauté de communes Champagnole Porte du Haut-Jura ; « À la découverte de la Baume de Balerne », Spéléo-Club du Jura / CDS 39, 2008 ; topoguide Jura Spéléo (FFS).
